Le Collectif minuit 12, danser pour militer

Danser pour éveiller les consciences, c’est l’ambition du collectif Minuit 12 qui utilise l’art comme vecteur de mobilisation face à l’inaction politique et à l’urgence climatique. Par la danse, il s’agit d’inciter le spectateur à s’affranchir de la simple contemplation et à se mettre en mouvement.

© Collectif Minuit 12 à l’Académie du Climat

© Collectif Minuit 12 au Festival Atmosphères

Leur création “RécitS” évoque leur lien intimes avec la nature et la biodiversité : un figuier, un oiseau et un oranger se mettent à échanger et à bercer leurs mouvements. Lors du festival Climax Odyssée à Bordeaux en 2022, le collectif Minuit 12 réalise Ecume, un conte visuel dans lequel les danseurs interagissent avec des vidéos projetées pour explorer notre lien à l’environnement en particulier avec l’eau.

© Collectif Minuit 12, Ecumes

En transmettant un message palpable par la danse, le collectif matérialise et conscientise des enjeux qui peuvent parfois paraître intangibles. Les idées prennent corps, leurs performances apparaissent comme de véritables représentations artistiques médiatrices des questions sociopolitiques notamment par le biais d’une recherche chorégraphique engagée. En effet, Minuit 12 crée également des chorégraphies plus impactantes comme celle contemporaine réalisée devant le siège de Total Energies à Paris le 24 mars 2022. L’objectif est de dénoncer la construction d’un oléoduc en plein cœur de l’Afrique, EACOP. La scénographie joue un rôle important : les danseurs sont vêtus de tenues noir pétrole ou de tenues de pompistes rouge sang, couleur Total, leur visage est barré par une large marque de peinture, sur leur poitrine sont écrits les mots « climate killer » (« tueur du climat ») adressés aux meneurs du projet.

© Collectif minuit 12 devant le siège de Total Energies

« Le but est d’esthétiser la lutte et de la rendre multi-esthétique par ce qui nous touche le plus. Parce que parfois, on voit des actions militantes, on est d’accord avec l’idée mais ce n’est pas beau et ça ne donne pas envie d’en faire partie. L’idée c’est de faire communauté. Quand on danse comme ça devant le siège de Total ou sur la Place de la République, l’idée c’est de mettre en mouvement les neurones miroirs du spectateur, de créer du mouvement chez les autres. » Jade Vergne, membre du Collectif Minuit 12, © Conférence L’Art Témoin du Vivant, Université de la Terre, UNESCO, 25 novembre 2022

En prenant l’espace public comme lieu de médiation et la danse comme catalyseur social, le collectif cherche à interpeller le spectateur en l’animant par les sensations et émotions créées par la danse. Minuit 12 nous invite ainsi à nous interroger sur les capacités mobilisatrices et subversives de la danse, et sur sa puissance d’agir sur le corps social et politique.

« C’est ce qu’on appelle la théorie du flanc radical, le but n’est pas de convaincre tout le monde, mais de mobiliser les personnes déjà convaincues. La stratégie derrière ça c’est la fenêtre d’Overton, qui est l’idée qu’on va pousser une action à un aspect hyper radical et celle d’avant va convaincre tout le monde. Sachant qu’il y aussi une question de sous médiatisation des enjeux environnementaux, l’art est un secteur médiatisé, donc on prend la médiatisation où elle est. » Jade Vergne, membre du Collectif Minuit 12, © Conférence L’Art Témoin du Vivant, Université de la Terre, UNESCO, 25 novembre 2022

Le Collectif organise également des ateliers d’improvisation de danse, n’hésitez pas à les suivre sur Instagram pour vous tenir au courant des prochaines sessions !

Pour en savoir plus sur le Collectif



Voir le site

Suivre le Collectif sur instagram



Voir le site

Dans la même catégorie