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« One Health » : associer santé humaine, animale et environnementale contre les pandémies

Mises en avant à l’occasion de la Journée mondiale de la santé du 7 avril, les politiques de santé évoluent et s’attachent désormais à mieux tenir compte des liens et interdépendances entre santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes. Le groupe Agence française de développement épouse cette approche dite « One Health » et soutient plusieurs projets dans ce sens.

Le pangolin ? La chauve-souris ? Si les circonstances exactes de l’apparition du coronavirus SARS-CoV-2 en Chine fin 2019 demeurent inconnues, une certitude se dessine néanmoins depuis le début de l’épidémie mondiale de Covid-19 : les atteintes portées par l’homme à la biosphère finissent parfois par lui retomber dessus.

« La multiplication des contacts humains avec de nouveaux milieux naturels, potentiels réservoirs de pathogènes, tout comme le commerce d’animaux sauvages, la concentration d’espèces sauvages et domestiques en captivité et l’élevage intensif dans des conditions sanitaires déplorables en périphérie urbaine, tout cela augmente les risques de contamination», observe Gilles Kleitz, directeur du département Transition écologique et gestion des ressources naturelles à l’Agence française de développement (AFD).

Sur les cinq nouvelles maladies humaines qui apparaissent chaque année en moyenne, trois sont d’origine animale. Or, nous le constatons aujourd’hui avec la crise du Covid-19 : si la médecine humaine permet de traiter les malades, elle ne permet pas de prévenir et d’anticiper le risque épidémique.

Une vision renouvelée de la santé

La clé pour réduire drastiquement ces risques consiste à mieux tenir compte de l’interdépendance entre trois champs de la santé : la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes. C’est en tout cas ce que nous enseigne une approche des politiques de santé baptisée One Health (« Une seule santé »).

Son ambition ? Renouveler notre vision de la santé en reconnaissant d’abord l’interdépendance de ces trois composantes – l’humain, l’animal, l’environnement – et favoriser les collaborations entre professionnels de ces différents domaines à l’échelle nationale et régionale.

 

« Le concept va prendre de l’importance »

La déclinaison opérationnelle de cette approche de santé n’en est encore qu’à ses débuts, mais elle s’étend : fin 2017, une centaine de partenariats impliquaient des organisations dans une approche One Health sur au moins deux de ses composantes, en Afrique, en Asie et en Europe, selon une étude publiée dans la revue Lancet Planetary Health.

« C’est un concept qui va prendre de l’importance et se concrétiser un peu plus dans les années à venir, estime Patrick Dauby. La crise sanitaire actuelle donne un éclairage nouveau sur l’urgence de concevoir des politiques publiques intégrant les composantes One Health. »

One Health souffre néanmoins d’un trop grand intérêt porté sur les composantes humaines et animales, au détriment des risques liés à la santé des écosystèmes. Or ces risques vont aller croissantle changement climatique présente déjà de nombreux effets directs et indirects sur la santé humaine, tandis que le déclin de la biodiversité est une menace peut-être plus importante encore, concernant cette fois notre sécurité alimentaire.

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